Chaque année, des milliers de personnes ignorent qu’elles ont accès à un bilan de santé complet, gratuit et personnalisé — sans ordonnance, sans avance de frais, sans démarche compliquée. L’examen de prévention en santé, rebaptisé Mon Bilan Prévention, change la façon dont les Français abordent leur suivi médical, en intégrant des conseils sur des produits comme un complément alimentaire pour baisser le cortisol. Ce dispositif, déployé sur tout le territoire depuis janvier 2024, propose à chacun, selon son âge, un rendez-vous dédié avec un professionnel de santé pour faire le point sur ce qui compte vraiment : les habitudes de vie, les risques silencieux, les dépistages à programmer.
À la pharmacie, les questions sur ce bilan arrivent régulièrement au comptoir. La semaine dernière, une femme de 62 ans, venue renouveler son traitement pour la tension, m’a demandé si ce rendez-vous était « vraiment utile » ou « juste de la paperasse ». Après lui avoir expliqué concrètement ce que couvre l’évaluation de santé — audition, alimentation, activité physique, prévention des chutes, mise à jour vaccinale — elle a pris rendez-vous le jour même. Ce type de réaction illustre bien le décalage entre la méconnaissance du dispositif et l’intérêt réel qu’il présente pour la santé au quotidien. Voici ce qu’il faut savoir, sans détour.
Qu’est-ce que l’examen de prévention en santé et à qui s’adresse-t-il vraiment ?
L’examen de prévention en santé — ou EPS dans le jargon des professionnels — est un rendez-vous médical préventif, personnalisé selon l’âge, le sexe et le profil de risque de chaque patient. Il ne s’agit pas d’une consultation classique pour un symptôme. C’est un moment dédié au recul, à l’observation globale de son état de santé, souvent négligé faute de temps ou de médecin traitant disponible, comme le souligne l’importance de la prévention santé travail 35 – rennes beaulieu.
Le dispositif Mon Bilan Prévention, annoncé en 2022 par le Président de la République et opérationnel depuis début 2024 après une phase pilote dans les Hauts-de-France fin 2023, cible quatre tranches d’âge précises. Un seul bilan est possible par tranche, ce qui invite à ne pas attendre.
| Tranche d’âge | Priorités de prévention | Prise en charge |
|---|---|---|
| 18 – 25 ans | Santé mentale, sexuelle, addictions, alimentation | 100 % Assurance Maladie |
| 45 – 50 ans | Risques cardiovasculaires, dépistages cancers, sédentarité | 100 % Assurance Maladie |
| 60 – 65 ans | Perte d’autonomie, audition, équilibre, chutes | 100 % Assurance Maladie |
| 70 – 75 ans | Dénutrition, mobilité, dépistages, vaccination | 100 % Assurance Maladie |
Ce bilan de santé est accessible à tous les assurés du régime général et de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Le pharmacien fait partie des professionnels habilités à réaliser ce rendez-vous, ce qui change beaucoup pour les patients qui n’ont pas de médecin traitant ou qui vivent dans un désert médical — une réalité bien connue sur certaines parties du territoire, y compris dans des zones touristiques où les cabinets médicaux sont saturés en haute saison.

Ce que le bilan de santé explore concrètement lors du rendez-vous
Quand un patient pousse la porte pour réaliser son bilan de prévention, le rendez-vous dure en moyenne 45 minutes à 1 heure. Ce temps permet d’aborder des thématiques que la consultation ordinaire — souvent limitée à 15 minutes — ne peut pas couvrir. La qualité du sommeil, la fréquence de l’activité physique, les habitudes alimentaires, la santé sexuelle, le bien-être mental et le tissu social : tout cela entre dans le périmètre du contrôle médical préventif.
Voici les domaines systématiquement explorés lors d’un tel suivi médical :
- Habitudes alimentaires et hydratation quotidienne
- Qualité et durée du sommeil
- Niveau d’activité physique et sédentarité
- Santé sexuelle et contraception
- Bien-être mental, isolement social, stress chronique
- Dépistages à programmer selon l’âge (cancer colorectal, sein, col de l’utérus…)
- Mise à jour du calendrier vaccinal
- Risques liés à l’audition et à la vision
- Prévention des chutes et perte d’autonomie pour les profils seniors
À l’issue du rendez-vous, un plan personnalisé de prévention est rédigé avec le patient. Ce document liste les objectifs prioritaires et les changements concrets à intégrer au quotidien, à son rythme. Si des symptômes spécifiques émergent durant l’échange, une orientation vers un médecin ou un spécialiste est proposée immédiatement. C’est précisément là que le bilan de prévention prend tout son sens : il n’est pas isolé, il s’inscrit dans un parcours de soins cohérent.

La préparation en amont : un auto-questionnaire pour gagner du temps
Avant le rendez-vous, un auto-questionnaire est disponible sur le site monbilanprevention.sante.gouv.fr. Cette étape est facultative, mais elle aide à structurer la réflexion avant l’échange avec le professionnel. En pratique, les patients qui arrivent avec ce questionnaire rempli gagnent un temps précieux : le professionnel peut aller plus loin dans l’analyse plutôt que de recueillir les informations de base.
Le questionnaire s’adapte à chaque tranche d’âge, ce qui lui donne une vraie pertinence. Un jeune de 22 ans ne se posera pas les mêmes questions qu’une personne de 71 ans. Cette personnalisation est l’un des points forts du dispositif, souvent sous-estimé par ceux qui pensent qu’un bilan de santé standardisé ne peut rien leur apprendre qu’ils ne sachent déjà.
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Prévention des maladies : pourquoi anticiper change tout
La prévention n’a pas toujours bonne presse. Beaucoup de patients attendent un symptôme visible, une douleur franche, avant de consulter. Pourtant, une grande partie des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 et de certains cancers progressent silencieusement pendant des années. L’évaluation de santé préventive casse ce schéma en identifiant les facteurs de risque avant qu’ils ne deviennent des problèmes cliniques.
Un patient de 48 ans venu ce mois-ci pour un renouvellement d’ordonnance m’a confié qu’il avait réalisé son bilan de prévention six mois auparavant. L’infirmière qui l’avait reçu avait noté une tension artérielle légèrement élevée à deux reprises et une sédentarité marquée. Elle lui avait recommandé 30 minutes de marche rapide par jour et une réduction du sel alimentaire. Résultat six mois plus tard : sa pression artérielle est revenue dans la norme sans traitement médicamenteux. Ce genre de situation, où un dépistage précoce évite un traitement chronique, justifie à lui seul l’existence du dispositif.

Vieillissement et perte d’autonomie : le bilan comme outil de terrain
Pour les tranches 60-65 ans et 70-75 ans, le bilan de prévention prend une dimension particulière. La perte d’autonomie ne survient pas du jour au lendemain. Elle se construit lentement, à travers des petits glissements : moins de marche, une alimentation qui se dégrade, un isolement qui s’installe. Le rendez-vous prévention est l’occasion de repérer ces signaux faibles avant qu’ils ne s’aggravent.
Le vieillissement altère l’appétit, le goût, la capacité à mastiquer correctement. La dénutrition des personnes âgées reste un problème sous-estimé, même chez des patients apparemment en bonne forme. Le bilan aborde ces points directement, sans tabou. Il permet aussi de faire le point sur l’activité physique adaptée pour réduire le risque de chutes — première cause d’hospitalisation chez les plus de 65 ans en France.

Comment trouver un professionnel de santé qui réalise Mon Bilan Prévention
La question revient souvent : comment savoir si son médecin, son infirmier ou son pharmacien fait partie du dispositif ? Le plus direct est de demander lors du prochain rendez-vous. Le site monbilanprevention.sante.gouv.fr propose aussi une carte interactive pour localiser les professionnels inscrits par région. En pratique, beaucoup de pharmacies d’officine ont intégré ce service depuis 2024, notamment dans les zones où l’accès au médecin traitant est difficile.
Le pharmacien, par sa disponibilité quotidienne et sa proximité avec les patients, occupe une place naturelle dans ce dispositif. Il connaît souvent le profil médicamenteux d’un patient depuis des années, ce qui lui donne un contexte que même certains médecins n’ont pas forcément au bout de quelques consultations. Cette connaissance fine du patient est un atout concret pour un suivi médical préventif de qualité.

Une limite à connaître : le bilan ne remplace pas le suivi médical régulier
Ce rendez-vous de prévention ne se substitue pas aux consultations médicales habituelles, aux bilans biologiques prescrits par un médecin, ni aux examens spécialisés. Un patient sous traitement chronique pour une maladie connue ne peut pas considérer ce bilan comme son seul outil de contrôle médical. Il vient en complément, pour élargir le regard sur des aspects de santé qui ne sont pas toujours abordés en consultation classique.
De même, les personnes ayant déjà un suivi médical très structuré avec leur médecin traitant pourront trouver que certaines parties du bilan recouvrent des discussions déjà tenues. C’est un point honnête à mentionner : le dispositif est d’autant plus utile pour ceux qui sont éloignés du système de santé, ceux qui consultent rarement ou qui n’ont pas de médecin traitant depuis plusieurs années.

Les thématiques de bien-être abordées et leur impact sur la santé au quotidien
Le bilan de prévention ne se limite pas aux chiffres médicaux. Il touche à des dimensions de bien-être qui ont un impact direct sur la santé physique à moyen terme. La qualité du sommeil, par exemple, est liée à des risques cardiovasculaires, métaboliques et même à certains troubles cognitifs. Pourtant, combien de consultations médicales intègrent vraiment cette question de façon approfondie ?
La santé mentale fait aussi partie du périmètre. Le stress chronique, l’anxiété non prise en charge, l’isolement social : ces facteurs augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, de syndrome métabolique et d’affaiblissement du système immunitaire. Le bilan crée un espace où ces sujets peuvent être abordés sans être réduits à une prescription médicamenteuse immédiate. C’est une approche globale de la santé, rare dans un système de soins encore très orienté vers le traitement curatif.

Les conseils santé personnalisés : au-delà des généralités
La force du dispositif tient à sa personnalisation. Les conseils santé délivrés lors du bilan ne sont pas des recommandations génériques trouvables sur n’importe quel site. Ils s’appuient sur le profil réel du patient : son âge, son poids, ses antécédents familiaux, ses habitudes déclarées. Un patient de 50 ans fumeur depuis 20 ans, sédentaire et avec des antécédents familiaux de diabète n’aura pas les mêmes recommandations qu’un non-fumeur pratiquant une activité sportive régulière.
Cette personnalisation est aussi ce qui différencie le bilan de prévention d’un simple questionnaire en ligne. L’échange humain avec un professionnel formé permet d’aller chercher des informations que le patient n’aurait pas spontanément mentionnées — une fatigue chronique minimisée, une consommation d’alcool sous-estimée, un isolement social normalisé. Ces nuances font toute la différence dans la qualité de l’évaluation de santé finale.

Mon Bilan Prévention est-il vraiment gratuit ou y a-t-il des frais cachés ?
Le bilan est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour tous les assurés sociaux éligibles. Il n’y a pas d’avance de frais, pas de ticket modérateur, pas de dépassement d’honoraires lié à ce dispositif. La seule condition est d’appartenir à la tranche d’âge concernée et de n’avoir pas déjà réalisé ce bilan pour cette même tranche.

Puis-je faire Mon Bilan Prévention directement à la pharmacie ?
Oui, les pharmaciens sont des professionnels de santé habilités à réaliser Mon Bilan Prévention. Toutes les pharmacies ne proposent pas encore ce service, mais leur nombre augmente depuis le déploiement national de janvier 2024. Il suffit de demander à votre pharmacien habituel ou de consulter la carte des professionnels disponible sur monbilanprevention.sante.gouv.fr.

Que se passe-t-il si le bilan révèle un problème de santé ?
Si le professionnel de santé identifie un symptôme ou un facteur de risque qui nécessite une investigation plus approfondie, il vous oriente vers un médecin ou un spécialiste. Le bilan n’est pas un diagnostic médical, mais il sert de signal d’alerte et de point de départ pour un suivi médical adapté. Cette orientation fait partie intégrante du dispositif.

L’auto-questionnaire est-il obligatoire avant le rendez-vous ?
Non, il est entièrement facultatif. Il est disponible sur le site officiel du dispositif et permet de préparer le rendez-vous en faisant un premier point sur ses habitudes de vie. Les patients qui le remplissent en amont permettent au professionnel d’aller plus loin dans l’échange, mais son absence ne remet pas en cause la réalisation du bilan.

Le bilan de prévention est-il utile si j’ai déjà un médecin traitant qui me suit régulièrement ?
Il reste utile, mais son intérêt est plus marqué pour les personnes qui consultent rarement ou qui n’ont pas de médecin traitant. Si votre médecin aborde déjà régulièrement les thématiques de mode de vie, de dépistage et de prévention lors de vos consultations, le bilan viendra compléter ce suivi plutôt que le remplacer. Pour les personnes éloignées du système de santé, il représente souvent le seul espace dédié à ces questions.
